Depuis 2 ans, la pêche des carnassiers aux leurres ne cessent de croître de façon similaire au développement de la carpe une dizaine d’année auparavant.

Chaque mois, de nouveaux concepts de leurres font leur apparition. Certains d’entre eux s’avèrent redoutables pour le silure.
Des poissons nageurs aux nages incongrues
Les poissons nageurs ont souffert au début d’une certaine inefficacité face aux autres leurres. A vrai dire, je n’enregistrais que peu de résultats avec ces poissons de balsa tous plus jolis les uns que les autres. Heureusement, face à la concurrence (Storm et Lucky Craft etc) de nouveaux types de hard baits sont apparus avec des nages vraiment fabuleuses, à des prix qui ne cessent de baisser. Actuellement, je pense qu’il s’agit du type de leurres le plus diversifié au niveau de la nage.

Les topwaters, les touches se produisent majoritairement sur des poppers. Les poppers sont des leurres de surface qui à chaque récupération émettent un bruit un peu similaire au clonk. Ce bruit si particulier, émis par la bouche concave du leurre, fait littéralement monter le silure. Pour cela je préconise une animation en stop and go qui multiplient d’autant le nombre de pops. Ces poppers sont idéaux en grosse taille (10cm) lorsque le silure est en chasse active c'est-à-dire au crépuscule, la nuit et à l’aurore. On peut aussi l’utiliser avec succès de jour, lorsque les silures sont dans de faibles profondeurs. Personnellement, je n’ai pas eu de résultats avec d’autres topwaters (stickbaits, pencilbaits ou propbaits).

Les jerkbaits sont très efficace sur des silures éduqués. En effet, leur nage contraste avec une récupération trop rectiligne des cuillères ou autres LS, ce qui permet de faire la différence.

Les longbill minows me semble être les seuls adaptés car ils peuvent atteindre des profondeurs importantes. Mais l’intérêt des longbill minows provient surtout de sa nage avec des écarts très brusques, très déhanchés et saccadés dès que l’on alterne pauses, twitches ou jerks.
Les crankbaits sont aussi capable de faire des malheurs quand les silures sont peu actifs dans les fosses. Les modèles à large et longue bavette (les deeps) descendent jusqu’à 10 m de fond. Il faut les faire travailler en bottom bumping. Cette nage consiste à ramener le leurre et le faire taper le fond de la bavette. Ce bruit associé au limon qu’il soulève a tôt fait d’exciter le silure. Une fois le bumping réalisé, lâcher du fil pour faire remonter le leurre et recommencer la même opération tout les mètres. Cette animation lente est démoniaque.
 Silure pris au bottom bumping
NB : à noter que je viens de découvrir un nouveau leurre (Motolures). Un leurre motorisé qui fait battre automatiquement la queue du poisson. Le leurre peut donc s’animer sur place et user à la longue le silure. Il est probable que ce leurre face un véritable carton…les tests sont en cour.
La saga des cuillères désaxées
 De gauche à droite: ondulante, désaxée, feuille de saule, classique, non rotative.
 La cuiller tournante ou mieux l’ondulante ont toujours été du meilleur effet sur l’ensemble des carnassiers. Pourtant le silure ne semble pas préférer ce type de leurre. Pourquoi ? D’après mes constats, le silure est un gros fainéant. La récupération trop rapide d’une cuillère pour qu’elle travaille ne l’incite pas à se déranger. Un leurre que l’on peut animer sur place de soubresauts de 20 cm est nettement préférer. Heureusement, 3 types de cuillère permettent ce type de récupération et le silure semble adorer. Les spinerbaits, utilisés pour le black bass, sont très efficace quand les silures sont dans peu d’eau. Par exemple, lors de la fraie des blancs, lorsqu’ils chassent dans les herbiers. Bizarrement les spinerbaits ne semblent prendre que des petits silures (inférieure à 1 m) !

Par contre ces leurres ont l’énorme avantage d’être antiaccrochage du fait de leur équilibre particulier. Les flying spoon, inventé par T Flauger, sont des leurres de tout première odre. Il s’agit d’un leurre souple type virgule avec une tête plombée presque classique puisqu’une cuillère est fixée dessus. Contrairement au spinner baits le leurre n’est pas en deux parties mais plutôt à peine désaxées. Les cuillères non rotatives sont particulièrement attractives pour le silure puisque leur animation très lente peut se faire quasiment sur place. En pêchant en bateau au dessus des fosses, ces cuillères sont particulièrement recommandées. De plus elles sont souvent équipées d’un dispositif antiaccrochage.
 
Petit lexique
Hardbaits : en opposition aux Softbaits (les leurres souples ou LS), ce sont des leurres durs. Top waters: ce sont des leurres qui travaillent à moins de 20 cm sous la surface de l’eau. Stop and go: animation qui consiste à récupérer le leurre en lui interposant des pauses plus ou moins longues (10 secondes à 1 minute). Jerkbaits : Poissons nageurs à apparence réaliste qui copie le comportement d’un poissonet moribond. Il peuvent être flottant, coulant ou suspending. Cranckbaits: Poissons nageurs ne ressemblant pas forcement à un poisson mais possédant une nage très originale. L’animation de ces poissons est très lente. Bottom bumping : animation qui consiste à imprimer à un poisson nageur flottant de courte inflexion du scion. Sous l’eau, le leurre en position oblique tape le fond avec la bavette. Ce bumping ou taping propage des ondes hautement détectables pour le silure et soulève un nuage de limon attractif. Jerk : tout les mouvements assez brusques de la canne pour animer un leurre. Twitches : coup de scion nerveux, effectué canne basse, qui provoque des soubresaut frénétiques.
 Bien entendu, d'autres carnassiers mordent à ce type de leurres, ici un sandre pris sur un jerbaits suspending
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