Mieux vaut être seul que mal accompagné par Jérome
Mercredi 16 Juin 2010 à 10:00

Avril 2010, je me retrouve sur les berges d'un plan d'eau pour 6 jours. Je pars seul, ou plutôt avec mon poste radio, fidèle compagnon de session qui occupe mon temps libre et qui me permet d'avoir un semblant de vie sociale. Arrivé sur les lieux, je ne suis pas seul mais je décide de pêcher à l’opposé de tout le monde.
On est pas si seul en observant bien…
Premier jour : rien, je décide alors de changer de poste ce qui fût judicieux puisque j'arrive à prendre 7 poissons en deux jours. Au petit matin, alors que j'ouvre les yeux de bonne heure pour apprécier la nature qui se réveille et éventuellement quelques signes d'activité, j'aperçois au dessus de mes montages quelques cormorans, ou plutôt « catamarans » et autres repères lumineux qui se sont reproduits comme par magie en pleine nuit. Dégoûté, me sentant encerclé et écœuré par ces comportements, je décide d'écourter ma session alors que je m'étais tapé 300 km à l'aller. Si je vous raconte cette petite anecdote sans trop d'importance, c'est simplement parce que sur le chemin du retour, j'ai essayé de comprendre pourquoi j'avais pris cette décision aussi rapidement, de façon si impulsive et j’ai essayé d’analyser le fait que je pêche principalement seul. Suis-je devenu si insociable au point de ne plus rien supporter ou bien les comportements de certains sont-ils en décalage avec ma vision de la pêche ? Suis-je devenu trop solitaire au point de ne plus supporter les autres ?
Février 2008 : Cabanac en plein février, personne : quel pied !!!
J'ai longtemps partagé d'excellents moments avec quelques amis de longue date mais nos situations professionnelles et familiales font que ces moments sont devenus de plus en plus rares. Nous essayons de nous retrouver de temps en temps malgré les kilomètres mais cela devient difficile. Je dois cependant avouer que j'ai toujours passé de très bons moments mais isolé en plein milieu de paris comme je le suis, on en arrive à pêcher seul et à ne plus supporter le moindre excès de la part des autres pêcheurs. C'est sûrement paradoxal mais c'est une question de caractère et de philosophie de pêche je pense. Être seul relève donc d'un état d'esprit, d'égoïsme quelque part mais aussi du défit. Passer une semaine à traquer un poisson en plein mois de novembre, lorsque les températures commencent à chuter, que les touches se font de plus en plus rares et que les nuits commencent à 17 h, c'est parfois difficile tant mentalement que physiquement. Il est vrai qu'être deux serait à mon sens plus convivial et moins éprouvant. Mais c'est aussi un moyen de se concentrer pleinement dans sa pêche et de rechercher également une certaine solitude volontaire. Le fait d'arriver seul à un objectif que l'on s'est fixé est une énorme satisfaction. Certains diront qu'à deux on pêche mieux, personnellement je n'en suis pas totalement convaincu. On passe sûrement à côté de pleins de bons moments, de partage et de convivialité mais quelque part, on peut profiter seul à notre façon. Je pense être beaucoup plus attentif seul au bord de l’eau. Et puis, on peut être beaucoup plus libre dans son approche.
Le résultat de 5 jours en solo en novembre
Moment privilégié en solo
Il faut trouver la bonne personne pour bien s'entendre à tous les niveaux, bouger si nécessaire, ne pas faire preuve d'égoïsme. Je retrouve ce sentiment de partage avec quelques amis de longue date mais je n'arrive toujours pas à comprendre ce qui pousse certains personnages à être si jaloux devant une prise, à gonfler artificiellement un poids grâce à une photo bien prise ( ou mal, cela dépend de la grosseur que l'on veut affecter à ses doigts...), de « craber » certains postes parfois amorcés à l'avance ? Ou est le sens du respect ? du partage ? De l'amitié et de l'esprit carpiste ? Je commence à comprendre cette fameuse phrase qui revient tres souvent sur la toire : pour vivre heureux, vivons cachés… Je crois qu'il vaut mieux ne rien dire, rester humble et ne partager qu'avec certaines personnes en qui on a une entière confiance. Des personnes qui pêchent pour le plaisir et non la gloire, des gens passionnés. Bref, trouver sa moitié dans ce monde est tout aussi difficile je crois que de la trouver dans la vraie vie. Désolé si cette réflexion est un peu décousue mais c'est volontaire, je n'ai fait qu'écrire ce que je ressentais à un moment précis : un profond sentiment de dégoût et d’incompréhension. A bientôt au bord de l'eau. Jérôme Sebille Ps : je ne suis pas un ermite non plus, ne me fuyez pas si on se croise.